
Comment le dictateur Deby manœuvre en sourdine
Voulant à tout prix et à tous les prix retrouver une place stratégique dans l’orbite, l’officier militaire et homme d’État tchadien manœuvre avec l’onction tacite de la mère patrie, pour une déstabilisation mieux un affaiblissement du président centrafricain.
Qui veut compromettre l’équilibre politique si chèrement acquis depuis des années en Rca par le président Archange Touadéra ? Des informations en notre possession font état de ce que Mahamat Idriss Deby manœuvre en sourdine pour un affaiblissement du président Centrafricain. Depuis quelques temps, le dictateur Deby reconfigure ses alliances et se rapproche désormais du camp d’Abdel Fattah al Burhan. Ce, nous confirme-t-on, avec l’aval implicite de la France. Aussi avons appris que ce recentrage stratégique a pour objectif de limiter l’influence supposée de Burhan sur les rebelles du Mprd opérant dans le Sud du Tchad.
Dans le même temps, des frictions apparaissent avec son allié Mohamed Hamdan Dagalo, alias Hemedti, dont les forces de soutien rapide FSR ont, à maintes reprises, visé les positions de l’armée tchadienne faisant plusieurs morts.
Hemedti se retrouve ainsi coincé stratégiquement en Déby à l’ouest et Burhan à l’est. Mais malgré tout, le chef des Fsr dispose encore de moyens d’action. Selon des sources, il exploiterait le nord de la République centrafricaine notamment l’aéroport de Birao ainsi que le sud Libyen via des réseaux liés au fils de Khalifa Haftar pour s’approvisionner en armes auprès des Emirats arabes Unis.
Cette dynamique pourrait accentuer les tensions entre le Tchad et la République centrafricaine autrefois unis autour d’un allié commun mais désormais attirés par des blocs régionaux opposés.
Rencontre aux allures ambiguës
Dans ce contexte, le chef rebelle centrafricain Nourredine Adam, allié de Burhan et de Deby, réapparait sur la scène politique, contestant l’autorité du président Faustin Archange Touadéra à Bangui. A Paris, cette évolution est accueillie avec prudence mais intérêt. Elle permet au Tchad de retrouver une place stratégique dans l’orbite française et pourrait à terme affaiblir ou déstabiliser Touadéra dont le rapprochement avec la Russie avait longtemps tendu les relations avec la France.
Soulignons que toujours dans cette perspective de déstabilisation de la Rca, le Président tchadien, Mahamat Idriss Déby Itno, avait rencontré l’ancien président centrafricain, François Bozizé, le 28 mai 2025 à Bissau en marge d’une visite officielle. Selon la présidence tchadienne, cette rencontre s’inscrivait dans le cadre des efforts de préservation et de consolidation de la paix au Tchad et en Centrafrique, conjointement déployés par les autorités tchadiennes et centrafricaines. « Faux ! », avaient rétorqué certains spécialistes de la géostratégie qui vivement critiqué cette rencontre aux allures ambiguës, soulignant que « la paix commence par la vérité, la justice et le respect des institutions de la République centrafricaine ». Pour eux il s’agissait non pas d’une« diplomatie régionale mais d’une législation d’un fugitif politique qui fait l’objet d’un mandat d’arrêt international pour son rôle présumé dans des crimes de guerre, crimes contre l’humanité et tentatives de renversement de l’ordre constitutionnel ».






