
80e ASSEMBLEE GENERALE DES NATIONS UNIES : LE PRESIDENT TOUADERA POUR UNE DEMOCRATISATION DES INSTANCES DÉCISIONNELLES MONDIALES
Arrivé à New-York le 22 Septembre 2025, le Président Faustin Archange Touadéra s’est illustré fortement lors de son allocution, le 24 Septembre, à la tribune du premier Sommet biennal de la 80ème session ordinaire de l’Assemblée générale des Nations Unies.
Dans sa prise de parole, le dirigeant Centrafricain a souligné l’interdépendance profonde des nations. Il a insisté sur le fait que la paix et le développement durable ne peuvent être atteints isolément, mais nécessitent une collaboration et un engagement partagés de tous les pays pour bâtir un avenir commun et prospère.

« C’est avec un profond sentiment de responsabilité que je prends la parole au nom du peuple centrafricain, alors que notre organisation célèbre ses 80 ans d’existence. Cet anniversaire nous rappelle une vérité simple : nos destins sont liés. L’humanité est une et indivisible. Nos peuples ne peuvent prospérer que si la paix est assurée, si le développement est partagé et si la dignité humaine est garantie pour tous », a introduit Faustin Archange TOUADERA, Président de la République Centrafricaine.
Pour lui, la démocratisation des instances décisionnelles mondiales demeure une condition incontournable pour donner une véritable voix aux pays du Sud, longtemps marginalisés dans les grandes orientations économiques de la planète. Le Président Touadéra a également dénoncé les contradictions de la solidarité internationale.

Prenant l’exemple de l’Ukraine, il a rappelé que des centaines de milliards de dollars ont été mobilisés en quelques mois, alors qu’une aide similaire accordée à l’Afrique, à l’Amérique latine ou à l’Asie, aurait un impact décisif sur l’atteindre des Objectifs de Développement Durable (ODD). Une illustration, selon lui, des “doubles standards” qui fragilisent la cohésion internationale.
Sur le plan mondial, la RCA met en avant cinq priorités : la réforme de l’architecture financière internationale, un allègement significatif de la dette, la révision des conditionnalités des banques multilatérales, la mobilisation effective des 4 000 milliards de dollars nécessaires au financement du développement durable et enfin, le respect des engagements climatiques, dont les 100 milliards de dollars promis chaque année aux pays vulnérables.

« Construire une économie inclusive exige des choix audacieux et une solidarité réelle », a martelé le Chef de l’État. Selon lui, il ne s’agit pas de privilèges réservés à quelques nations, mais d’un droit universel qui doit garantir dignité et prospérité à tous les peuples du monde.
Il poursuit en s’interrogeant :
« Le texte fondateur qui, en 1945, portait l’espérance d’un monde libéré du fléau de la guerre… Mais aujourd’hui, 80 ans plus tard, la question se pose : l’ONU est-elle encore capable de remplir cette mission ? La multiplication des conflits, la fragmentation du monde en blocs antagonistes, l’usage abusif du droit de veto et la paralysie du Conseil de sécurité nous donnent l’impression d’une organisation à bout de souffle ».
En ces mots, le président Centrafricain a ainsi réaffirmé la volonté de son pays à participer activement à la construction d’un ordre mondial plus juste, où la souveraineté des peuples et le développement partagé demeurent les piliers d’une paix durable.
Dans ses recommandations, le Président Touadéra a appelé à la construction d’un monde plus juste basé sur la « prospérité partagée » car « C’est à cette noble mission que nous devons tous nous atteler », a-t-il déclaré, invitant la communauté internationale à transformer ses engagements en actions concrètes.
De son avis, la politique d’un monde à deux vitesses ne saurait favoriser la construction de la paix mondiale. Il explique : « Il est inadmissible de voir la pauvreté s’aggraver en Afrique tandis que la richesse s’accumule dans les pays du Nord. Il est temps que les injustices causées à l’Afrique soient réparées ».
En résonnance avec la situation de son pays, il rappelle que :
« Le rôle de l’Afrique dans le concert des Nations doit être respecté : souveraineté et non subordination ; partenariat et non exploitation… C’est pourquoi, la République Centrafricaine soutient l’initiative panafricaine sur les réparations ainsi que les efforts du continent tendant à établir un dialogue respectueux et équitable avec les partenaires. »
Au-delà de ces points, le dirigeant Centrafricain a également sollicité « la création d’une Charte mondiale pour la gouvernance numérique et l’intelligence artificielle éthique, afin que les droits humains soient protégés dans l’espace digital ».
Cet appel fait écho à celui de plusieurs organisations de la société civile sur le continent qui craignent la naissance d’un impérialisme digital où l’Afrique deviendrait encore un nouveau champ d’expérimentation de nouvelles formes de domination.
Enfin, conscient des défis auxquels son pays est confronté, le Président Touadéra a encouragé les éventuels partenaires du Centrafrique à un financement structurel et pérenne des opérations de paix, « reposant sur des contributions obligatoires et non sur le volontariat », tout en sachant que « la paix n’est jamais acquise, mais toujours à construire avec patience et solidarité ».






