
LES RAISONS PROFONDES DE LA DÉMISSION DE HENRI-MARIE DONDRA
La démission de Henri-Marie Dondra de son poste de Premier ministre de la République Centrafricaine, survenue en février 2022, ne saurait être interprétée comme un simple acte administratif. Elle s’inscrit dans un contexte de crise de confiance, de soupçons de malversations financières et de rupture politique au sein du pouvoir exécutif.
Détournement des fonds destinés au bitumage des routes
L’un des griefs majeurs formulés à l’encontre de Dondra concerne la gestion opaque de près de 9 milliards de francs CFA, alloués par des partenaires techniques et financiers pour le bitumage des routes urbaines et rurales. Ces fonds, censés améliorer l’accessibilité des zones enclavées et stimuler le développement économique local, auraient été détournés à des fins personnelles ou redistribués dans des circuits parallèles, échappant à tout contrôle budgétaire rigoureux. Ce scandale a provoqué une onde de choc au sein de l’opinion publique et des bailleurs de fonds.
Affaire des fonds libyens
Un autre dossier sensible entache le parcours de l’ancien Premier ministre: la gestion controversée des fonds libyens issus de deux sources principales:
- Les revenus générés par l’hôtel Ledger Plaza, un établissement de luxe à Bangui, historiquement lié à des investissements libyens.
- Le financement de la construction de l’ambassade de Libye en République Centrafricaine.
Ces ressources, censées renforcer la coopération bilatérale et soutenir des projets diplomatiques et économiques, auraient été détournées, selon certaines sources, à des fins personnelles ou politiques, dans un climat de clientélisme et de favoritisme.
Un leadership contesté et une gouvernance décriée
Au-delà des aspects financiers, Henri-Marie Dondra est accusé d’avoir incarné une gouvernance marquée par l’opacité, le népotisme et une gestion clanique du pouvoir. Son style de leadership, qualifié par certains de « dérisoire et mafieux », a contribué à son isolement progressif au sein même du Mouvement Cœurs Unis (MCU), le parti présidentiel. Cette fracture politique a précipité sa chute, d’autant plus qu’il ne jouissait plus du soutien populaire ni de la confiance du PRÉSIDENT TOUADERA
Conséquences politiques et rejet populaire
Face à ces révélations et à la dégradation de son image, le peuple centrafricain semble avoir tourné la page Dondra. La défiance est telle que toute ambition présidentielle ou retour sur la scène politique semble compromise, tant la population reste marquée par les soupçons de corruption et de mauvaise gouvernance.
Ce départ illustre une fois de plus les défis persistants de la Centrafrique en matière de transparence, de reddition des comptes et de moralisation de la vie publique. La vigilance citoyenne et l’exigence de justice demeurent des piliers essentiels pour reconstruire la confiance entre les gouvernants et les gouvernés.
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