
Les manœuvres honteuses de la France
Comment la France manipule dans l’ombre pour renverser le pouvoir en place. Enquête !
En Centrafrique, les élections générales auront lieu le 28 décembre en Centrafrique. C’est ce qu’avait alors annoncé l’Autorité nationale des élections (ANE) au mois août dernier. Il s’agira d’un scrutin commun pour le premier tour des élections présidentielle et législatives, couplées aux élections régionales et municipales. Donc c’est quelque 2,3 millions d’électeurs, dont 749 000 nouveaux enrôlés, qui sont attendus aux urnes, selon les chiffres de l’ANE. L’on se souvient que le président centrafricain, Faustin-Archange Touadéra, avait annoncé, fin juillet dernier, sa candidature pour briguer un troisième mandat. Elu en 2016, il a été réélu en 2020 après un scrutin perturbé par des groupes armés rebelles.
À quelques mois seulement de ces échéances électorales capitales qui marquent un tournant décisif pour le pays, la France, comme à son habitude, manipule par l’annulation de la nationalité française d’Anicet Dologuélé. Un bien moyen savamment mûri pour crédibiliser la candidature de ce dernier qui plus tard, c’est-à-dire en novembre-décembre, va contester l’organisation des élections (crise politique) et va demander une médiation du Président en exercice de la CEMAC.
D’ailleurs nos sources révèlent que le futur président de la CEMAC, le président de la République du Congo Denis Sassou Nguesso, entretient des liens cordiaux et très précieux avec les opposants Centrafricains Karim Mekassoua et Anicet Dologuélé, tous des frères maçons affiliés à la grande loge de Brazzaville dont il est le super maître. Mekassoua serait déjà à Brazzaville en attente de la passation de témoins à la présidence de la CEMAC pour que la musique commence.
Selon toutes vraisemblances, le stratagème bien huilé consiste à endormir les autorités Centrafricaines avec de beaux discours pendant qu’une conspiration est ourdie en coulisses contre le Centrafrique. Une façon malsaine pour ternir l’image du pays qui ces derniers temps enregistre bien de performances dans plusieurs domaines et qui progressivement opère sa mue depuis l’accession de l’actuel président à la magistrature suprême.
Le moins que l’on puisse dire est que l’ex-premier ministre centrafricain Anicet-Georges Dologuélé, opposant à Faustin-Archange Touadéra, espère devenir éligible à la présidentielle. Lui qui, dans un entretien accordé à un confrère français, n’en réclame pas moins le report du scrutin, qui doit se tenir au mois de décembre.
À Bangui, l’actuel président a mis son parti en ordre de bataille pour mener campagne pour la présidentielle de décembre. À Paris, Anicet-Georges Dologuélé avait fait les démarches pour renoncer à la nationalité française, qu’il détenait depuis 1994. « J’ai renoncé à la nationalité française parce que je pense que c’était nécessaire pour la démocratie dans le pays », avait-il affirmé. Par cette décision, il redevient éligible, sur le papier. La nouvelle Constitution stipule en effet que seul un « Centrafricain d’origine et n’ayant que la seule nationalité centrafricaine » peut se présenter.
Pourtant, Anicet-Georges Dologuélé, arrivé en seconde position lors des deux dernières présidentielles, assure ne pas être candidat à cette élection, jugeant que les conditions ne sont pas réunies. Investi par l’Unité républicaine (Unir) en mai, l’ex-Premier ministre réclame au contraire que le scrutin soit reporté et que s’ouvre un dialogue politique.
Selon lui, sa double nationalité était devenue « un alibi pour que l’on refuse de discuter des nombreux problèmes qui sont posés par cette Constitution et la mauvaise gouvernance. Il faut que l’on discute des conditions d’une élection inclusive, transparente. Et pour cela, je m’inscris dans la logique de ce que réclame toute l’opposition à travers le BRDC [Bloc républicain pour la défense de la Constitution] du 30 mars 2016. »
Pour y parvenir, il espère convaincre les partenaires internationaux de ne pas financer le scrutin, assurant que « si la communauté internationale ne finance pas les élections, il n’y aura pas d’élections ».
C’est alors que le président Sassou devrait entrer dans la danse en sa qualité de président en exercice de la CEMAC. Il demandera donc un dialogue qui entraînera de facto le report des élections de décembre. Ce dialogue, selon Paris, devra accoucher d’un gouvernement d’union nationale avec l’entrée des membres du BRDC + Unir de Dondra dans ce gouvernement.
Il est à noter que l’Élysée aurait fait un chantage doux au prince de Brazzaville qui est en relation difficile avec Paris (dossier de biens mal acquis + prochaines élections d’avril 2025 + préparation d’une succession dynastique). Ce sont les points d’arrangement sur la République centrafricaine. En d’autres termes, Paris aurait exigé du président Sassou de jouer ce rôle de fragilisation des institutions centrafricaines devant entraîner la chute du régime de Touadéra.
En contrepartie, Paris garantirait à Brazzaville l’annulation du dossier des biens mal acquis pendant devant les tribunaux français et sa réélection au mois d’avril 2026 sans contestation de la communauté internationale. Si tout ceci se confirme, le Président Sassou, qui apprécie beaucoup son cadet Touadéra, aura contribué à l’implémentation d’une nouvelle crise en République Centrafricaine.
Nous espérons que le prince de Brazzaville, ce grand homme d’État et bâtisseur, saura tout mettre en œuvre dans le strict respect de la souveraineté du peuple centrafricain pour éviter cette nouvelle crise planifiée par Paris.
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